Le Parlement Européen veut renforcer le partenariat transatlantique.

Lu dans Marianne 2, sous la plume d’Edouard Husson, historien de l’Allemagne contemporaine
Mardi 14 avril 2009 -

Les hommes politiques font souvent la promesse de «rapprocher l’Europe du citoyen». Ils affirment que le resserrement de l’unité européenne sera synonyme de démocratisation. Ils espèrent, lors des prochaines élections européennes, inverser la tendance selon laquelle la participation électorale est plus faible à chaque nouvelle élection au Parlement européen.

Et bien, qu’on en juge. Le 26 mars 2009, le Parlement Européen a voté par 503 voix contre 51 (et 10 abstentions) sa résolution A6-0114/2009, vouée au renforcement du lien transatlantique. On y lit que l’OTAN et l’Union Européenne ont vocation à se rapprocher toujours plus; que l’UE doit soutenir la guerre contre le terrorisme, en particulier en Afghanistan; qu’il faut une intégration plus forte des marchés transatlantiques. Ce texte a été rédigé par le groupe PPE et voté sans une hésitation par la gauche social-démocrate et écologiste. Les élus allemands ont joué un rôle majeur dans l’élaboration de cette résolution comme dans celle des précédentes du même acabit (1er juin 2006; 25 avril 2007; 5 juin 2008)

Autant dire que le Parlement européen a choisi d’exprimer des objectifs tout à fait contraires à l’émergence d’une union des démocraties européennes. Alors même que les méfaits de la mondialisation centrée sur l’étalon-dollar apparaissent toujours plus évidents, ceux qui sont élus pour être les représentants des peuples européens délibérant ensemble sont entrés dans la logique d’oligarchisation des relations internationales qu’incarne toujours plus le partenariat transatlantique. On ajoutera qu’à quelques semaines, peut-être, d’un effondrement de la monnaie américaine, il y a de quoi frémir à lire que le Parlement européen souhaite un renforcement de la coopération transatlantique en matière monétaire.

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