Peut-on sortir du piège dans lequel la Gauche a été enfermée ?

17 février 2010

Voici la vidéo intégrale de l’intervention de Jean-Pierre Chevènement le mardi 9 février à Paris, à la mairie du XIème arrondissement.

Il y a de beaux combats en perspective

7 mars 2010

Edito de Jean-Pierre Chevènement à Citoyens Militants, le bulletin du Mouvement Républicain et Citoyen, mars 2010.

La crise du capitalisme financier a franchi en Europe une nouvelle étape. Après que les Etats ont renfloué les banques privées défaillantes, il est apparu bien vite qu’ils ne pourraient pas recommencer une deuxième fois. Le gonflement de la dette publique est devenu tel que la solvabilité des Etats est mise en question par les marchés financiers. Ceux-ci ont commencé une danse du scalp frénétique autour des émissions de dette publique par les Etats considérés comme étant les plus endettés. Ces derniers ne peuvent déjà plus emprunter qu’à des taux doubles (6 % au lieu de 3 %) de ceux des bons allemands à dix ans (l’Allemagne étant toujours considérée comme la référence, car, avec sa politique de déflation salariale et budgétaire, elle a réussi à dégager un fort excédent commercial (138 Milliards d’euros encore en 2009) et même de contenir son déficit budgétaire (cinq points du PIB au lieu de 8 % pour la France, 12 % pour la Grèce … et les Etats-Unis).

Evidemment ce jeu est absurde : les marchés financiers spéculent comme c’est leur nature, mais leur spéculation vise à encourager la tribu des « doctrinaires vertueux » qui appellent de partout à lutter contre les déficits, à stopper le gonflement de la dette, etc. pour, enfin, « rentrer dans les clous de Maastricht ».

M. Woerth, en France, a réclamé 50 Milliards d’économies budgétaires d’ici 2013. Les plans de rigueur s’annoncent partout et pas seulement à Athènes, Lisbonne ou Madrid.
C’est une deuxième étape de la crise qui est devant nous. La danse du scalp des marchés financiers n’est pas sans évoquer le bal des sorcières : dans un monde revenu au Moyen-âge, les Etats sont considérés par les marchés financiers comme des faillis en puissance. Les marchés n’oublient qu’une chose : derrière les Etats, il y a les peuples. Ils veulent rayer trois siècles de luttes ! Ils veulent revenir sur la démocratie !

Des gouvernements « socialistes », comme celui de George Papandreou en Grèce, ou Luis Zapatero en Espagne, peuvent bien se prêter aux exercices de rigueur qu’on leur demande, ils vont bientôt se trouver coincés entre la pression des marchés et la pression des peuples.

Il va falloir maintenant proposer des choses sérieuses : remettre en cause les choix de politique monétaire et budgétaire que l’Allemagne impose au reste de l’Europe. C’est cela que j’appelle « un gouvernement économique de la zone euro », c’est-à-dire d’abord une politique de change qui passe par une réforme des statuts de la BCE (emploi, croissance et pas seulement lutte contre l’inflation). Il faut faire tomber le cours de l’euro. La Grèce nous y aide. Pas assez !

Ensuite il faut sortir la zone euro de sa langueur économique. Chacun le sait : elle est la lanterne rouge de la croissance mondiale. Un « grand emprunt » européen permettrait de lancer un programme de relance sur le modèle chinois.

A la crise actuelle il n’y a évidemment de solution que mondiale : La Chine seule n’arrivera pas à prendre le relais du consommateur américain défaillant. Quant à l’objectif avancé par Barack Obama – doubler le montant des exportations américaines -, il est simplement irréaliste. Pour sortir de cette crise immense qui est devant nous, il faudra remettre en cause les sacro-saintes règles du capitalisme financier globalisé :
- le libre-échangisme déséquilibré d’abord ;
- l’anarchie monétaire qui fait de l’euro le paillasson du dollar et du yuan (sans parler de la livre britannique qui a « dévissé » de 40 %. Si ce n’est pas du protectionnisme monétaire, qu’est-ce que c’est ?)
Il faudra surtout remettre au pas le système financier et les oligarchies financières, re-réglementer les banques, reprendre le contrôle politique des banques centrales.

En Europe il ne s’agit pas de « revenir à Maastricht » comme le serinent des dirigeants myopes, il s’agit :
- soit de revoir de fond en comble toutes les règles de gouvernance de l’euro et de la politique économique au sein de la zone euro en s’appuyant sur la volonté des Etats de remettre les oligarchies financières à leur place : subordonnée;
- soit, si cela s’avère impossible, de prendre en France des mesures de salut public, en s’affranchissant de règles dont chacun peut constater qu’elles sont devenues caduques, bref de rétablir la République ! C’est l’enjeu de 2012 en France.

Il y a de beaux combats en perspective .

Le numéro de février de Résistance Sociale est paru

26 février 2010

Cliquez ici pour le lire en pdf

Gérard Beillard (MRC 53) : nouvelles réflexions portant sur les retraites

20 février 2010

La plus grande vigilance est demandée aux syndicats

Ne laissons pas marchander nos retraites !

Les retraites sont le fruit de plus d’un siècle de mobilisation des salariés, intégrées à la Sécurité sociale en 1945, il ne faut pas l’oublier, complétées par les retraites complémentaires obligatoires. Régulièrement combattues par tous les bouts par le patronat et les divers gouvernements : loi Balladur de 1993 pour le privé (passage à 40 années de cotisation, le calcul du salaire de référence passant des 10 aux 25 meilleures années), loi Fillon contre les retraites de la fonction publique en 2003, imposition des 40 années aux régimes spéciaux.

Cela n’a rien changé et le gouvernement veut remettre une couche supplémentaire pour satisfaire toujours les mêmes ! La solidarité nationale, c’est fini ! Les patrons ne veulent plus payer pour des gens qui sont devenus inutiles à leurs profits, spécialement aux actionnaires.
Le ministre Darcos l’a affirmé devant le Parlement : il n’est pas question de relever les cotisations, surtout la part employeur. Le Sénat estime que le chômage va augmenter et restera à un haut niveau pendant plusieurs années. C’est vrai mais, en disant cela, il ne se mouille pas trop.

Le gouvernement a plusieurs axes de réformes, déjà expérimentés et prévus.

1) L’augmentation de l’âge de départ à la retraite, selon deux modalités, la première étant de relever l’âge légal du droit à la retraite, la seconde, plus malicieuse et appliquée depuis 1993, étant d’augmenter le nombre de trimestres de cotisations pour percevoir une retraite à taux plein, ce qui incite, bien sûr, les salariés à repousser leur départ.
Ceci ne marche pas vraiment d’ailleurs, soit à cause du chômage définitif après 50 ans, soit en raison du management moderne insupportable qui pousse des salariés à prendre leur retraite, même s’ils n’ont pas leur nombre de trimestres validés (les deux options peuvent se cumuler).

2) Il est question aussi de faire des économies de prestations, afin de stabiliser le système financier. Une proposition avantageuse pour le patronat est avancée. On supprime les trimestres de cotisation obligatoires et l’assiette, déjà moins avantageuse, des 25 meilleures années est mise au placard. Place au « compte rationnel ». De quoi s’agit-il ? Une pension en fait pour des morts.
Chaque assuré est titulaire d’un compte d’épargne virtuel. Les cotisations acquittées par l’assuré créditent virtuellement le compte qui est revalorisé chaque année, par le gouvernement ou, comme dans les retraites complémentaires, par les « partenaires sociaux » en fonction du bon vouloir du patronat. Le montant de la pension serait proportionnel au capital virtuel accumulé par chaque salarié. Ce coefficient de proportionnalité dépendrait de l’âge effectif de départ à la retraite (d’où, bien sûr, le maquillage idéologique de la retraite dite choisie).

C’est donc sur la totalité de la carrière, et pas seulement sur les 25 meilleures années, que serait évaluée la retraite. En fait, bonjour les précaires, les périodes de chômage, de maladie, de handicap, les invalidités, les temps partiels (qui concernent encore plus les femmes qui souffrent déjà d’une dévalorisation de leur retraite par rapport aux hommes (écart de 29%, tous régimes confondus).

De plus, une grande nouveauté, le calcul de « l’espérance de vie » à l’âge du départ à la retraite ! La retraite devient une rente viagère. « La méthode conduit ainsi à prendre en compte dans le calcul de la pension le risque de longévité ». On dit de façon plus claire « Le montant de la pension liquidée est d’autant plus grand que les probabilités de survie sont faibles ».

Si cela se faisait ainsi, c’en serait fini de la Sécurité sociale. Vive l’assurance privée ! Mais deux conséquences, au moins, seraient à prévoir : une baisse très violente des pensions et l’individualisation totale du calcul des retraites, sans règles communes et sans contrôles possibles, donc sans revendications collectives facilement formulables. Dans ce cas, la mobilisation massive contre un tel projet s’imposerait.

Le risque est que cela pousse les salariés qui le peuvent à se tourner vers les assurances privées ou mutuelles, afin d’aboutir aux fonds de pension, ce qui n’est pas prudent par ces temps d’instabilité boursière. On en a vu des exemples aux USA et dans le Royaume-Uni.
Bien sûr, le gouvernement ferait des correctifs dits sociaux, de la bienfaisance, pour masquer la réalité qui serait la mise en place d’un système à l’opposé, philosophiquement, de la Sécurité sociale.

Il ne faudrait pas croire que les retraites complémentaires pourraient amortir le choc. Leurs rendements sont en baisse constante depuis dix ans et cela va continuer. La pension servie pour 100 euros de cotisation a chuté de 5,82% à l’Arrco (non cadres) et de 5,59% à l’Agirc (cadres). Il faut savoir que ces retraites complémentaires représentent entre 50 et 70% de la retraite pour un cadre et entre 20 et 30% pour un non cadre. Cherchez l’erreur et trouvez la justice, tant criée par le gouvernement !

Par ailleurs, un accord a été signé, fin 2009, par deux syndicats (CFDT et CFTC) et le Medef. La CGT ne l’a pas signé et les autres syndicats ont émis des réserves. Cet accord prévoit de renégocier en 2010 afin d’articuler les nouvelles règles des retraites complémentaires avec celles qui seront décidées par la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav).

J’espère que nous serons tous très vigilants à l’égard des négociations concernant les retraites, et que les syndicats penseront à défendre l’intérêt des salariés, sans se laisser attirer par les leurres gouvernementaux (cela s’est déjà produit et nous en subissons, actuellement, les conséquences). Il est temps de se réveiller et d’agir !

Article précédent sur ce thème (28 avril 2009) : Gérard Beillard (MRC 53) à propos des retraites : s’inspirer de la CGT -

Lien avec le blog du MRC 53

LE TRAITÉ DE LISBONNE EST IDIOT

13 février 2010


Il est vraiment temps de revoir le traité de Lisbonne, profondément réactionnaire

Entretien de Jean-Pierre Chevènement à la Tribune, 13 février 2010.


Il est vraiment temps de revoir le traité de Lisbonne, profondément réactionnaire
Le sénateur du Territoire de Belfort, président du Mouvement républicain et citoyen, a toujours été opposé à l’euro. Il s’exprime aujourd’hui pour «La Tribune».

La Tribune : Les Vingt-Sept ont exprimé, jeudi, leur soutien à l’égard de la Grèce, qui est aujourd’hui l’économie malade de l’Europe. Cette déclaration ne renforce-t-elle pas la crédibilité de la zone euro ?

Jean-Pierre Chevènement : En premier lieu, il faut d’abord s’interroger sur le cas de la Grèce : ce pays n’est pas, du point de vue de son endettement, dans une situation plus difficile que l’Italie ou la Belgique, et son économie, en termes de PIB, est relativement marginale dans l’Europe. Il est donc surprenant de constater que les agences de notations puissent ainsi lancer la curée contre ce pays, et plus généralement contre la zone euro qui, bien sûr, est une zone économique hétérogène. Il est plus que temps de s’interroger sur le rôle des marchés et de la spéculation. Il suffit de décourager la spéculation, et, parallèlement, d’obtenir des Grecs qu’ils fassent un minimum d’efforts. Ce serait d’autant plus réalisable avec une croissance européenne plus forte et une monnaie moins surévaluée. Deux conditions qui ne sont pas réunies aujourd’hui. Pour deux raisons : les défauts de conception de la monnaie unique, inhérents au traité de Maastricht, et la politique de déflation salariale allemande qui, depuis dix ans, plombe la croissance européenne et creuse les déficits… chez les autres.

Les textes européens interdisent pourtant l’éventualité d’un plan de sauvetage de la Grèce par les États membres…

Évidemment, le traité de Lisbonne est idiot. Son article 123 interdit à la Banque centrale européenne et aux banques centrales nationales d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions européennes et aux États. Or c’est exactement ce qu’ont le droit de faire la Réserve fédérale américaine ou la Banque d’Angleterre : ne faudrait-il pas, dans certaines limites, s’affranchir de cet article, comme on a su le faire auparavant pour d’autres dispositions du traité ? Prohibition des aides d’État, principe de la « concurrence libre et non faussée », interdiction des déficits budgétaires en dessous de la barre de 3 % du PIB. En fait, on ne compte plus la liste des articles du traité rendus caducs par la crise. Le pacte de stabilité n’y a pas résisté : tous les pays, y compris l’Allemagne, sont sortis des clous. Il est donc vraiment temps de revoir ce traité, profondément réactionnaire.


En même temps, cette crise grecque rend l’euro plus compétitif…

Elle a fait tomber le taux de change de l’euro de 1,50 à 1,36 : en tout mal, son remède ! Mais c’est trop peu ! L’euro est en effet surévalué : 0,82 dollar en 2000, 1,35 dollar aujourd’hui. J’aimerais dire ironiquement : bravo la Grèce, bravo Fitch ! Car un taux de change moins fort ne gênerait pas la Grèce, qui vit en grande partie de ses recettes touristiques. De même, ce serait du pain béni pour les exportateurs comme EADS ou pour notre industrie automobile. Mais l’euro reste une monnaie fragile. Elle est faussement forte : elle est excessivement surévaluée par rapport aux autres grandes monnaies mondiales (dollar, yuan, livre britannique), devenant un lourd handicap pour l’Europe : nous sommes la lanterne rouge de la planète en termes de croissance.

L’euro, selon vous, est donc responsable de cette absence de croissance européenne ?

Oui, car il faut se rappeler que l’Allemagne en 1991 a imposé à ses partenaires ses dogmes et ses choix, lors de la création de l’euro qui est, en fait, un mark bis. Aujourd’hui, l’activité économique dans la zone euro est en outre plombée par la politique économique déflationniste de l’Allemagne… Certes, l’Allemagne affiche un excédent commercial confortable, mais ce surplus se fait pour les trois quarts au détriment des autres pays européens. Même l’Allemagne paye d’une croissance faible et d’un pouvoir d’achat déclinant cette politique salariale et budgétaire excessivement rigoureuse.

Pourquoi, lors de l’adoption du traité de Maastricht en 1992, la France avait-elle accepté cette vision allemande de la zone euro ?

Pour ma part, je m’étais opposé dés le départ à ce traité car le dispositif prévu me paraissait tout à fait déséquilibré. Le président François Mitterrand s’était laissé enfermer dans les règles de la Buba (Bundesbank allemande) par Jacques Delors, qui dirigeait à l’époque la Commission européenne, et par Karl Otto Pöhl, le président de la Bundesbank. Or ce n’était pas raisonnable d’abdiquer sa souveraineté monétaire au profit d’une Banque centrale européenne totalement indépendante et soumise à l’unique objectif de la stabilité des prix. François Mitterrand pensait sans doute qu’on pourrait revoir ce dispositif dans la durée. Il était d’ailleurs prévu une clause de rendez-vous. Celle-ci a bien eu lieu, avec le traité d’Amsterdam et le Pacte de stabilité en 1997. Cela n’a rien changé.

Qu’est-ce qu’il faudrait alors changer dans le fonctionnement de l’euro ?

Il y a deux sujets à mettre sur la table : la politique de la Banque centrale européenne, en intégrant la croissance et l’emploi dans ses statuts ; et l’élaboration d’une initiative européenne de croissance, qui pourrait prendre la forme d’un grand emprunt européen. On pourrait ainsi établir un plan de relance des investissements publics, allant de pair avec une politique de change plus réaliste !

L’idée d’un gouvernement économique européen semble aussi revenir en force…

C’est vrai, tout le monde l’évoque, mais il faut savoir de quoi on parle. Car si l’on pense, comme M. Van Rompuy, au seul budget communautaire européen, celui-ci n’est pas significatif. Il représente 1 % du PIB européen. C’est la politique des États nationaux, notamment sur le plan salarial, budgétaire et monétaire, qui doit changer. C’est donc la cohérence du dispositif actuel qui est à revoir.

De quelle façon pourrait-on s’y prendre ?

Si nous n’agissons pas rapidement, nous irons vers des difficultés grandissantes : après la Grèce, ce sera le tour du Portugal, de l’Espagne ou de l’Italie, et nous risquons d’assister à l’éclatement de la zone euro, ce que je ne souhaite pas. Il faut donc organiser une nouvelle conférence européenne institutionnelle, pour revisiter, de fond en comble, le traité. Il faudra par exemple se doter d’un véritable gouvernement économique européen. Une solution raisonnable serait de travailler au niveau de l’Eurogroupe, à 16 pays et non à Vingt-Sept. Mais son président, Jean-Claude Juncker, ne me parait pas être la bonne personne pour définir une politique économique profondément renouvelée. De manière plus générale, l’ensemble du personnel politique européen est aujourd’hui prisonnier d’une doxa dépassée.

Vous étiez un opposant de première heure au traité de Maastricht. À constater les difficultés dans la zone euro, vous devez boire du petit lait ?

Je ne peux pas trouver de source de satisfaction dans les malheurs de mon pays. Il faut reprendre les choses à la base et remettre l’ouvrage sur le métier à travers une conférence institutionnelle européenne.

Vous sentez-vous plus écouté aujourd’hui ?

On est très loin psychologiquement de l’état d’esprit qui pousserait à des changements profonds. Nicolas Sarkozy me paraît trop soucieux que la France colle le plus possible à son partenaire allemand…

Propos recueillis par Éric Chol

Voir l’entretien sur le site de La Tribune

LA CATASTROPHIQUE RÉFORME DU LYCÉE : MOINS D’ENSEIGNEMENT SCIENTIFIQUE EN SÉRIE S, MOINS DE LITTÉRATURE EN L, ABANDON DES CRITÈRES NATIONAUX POUR LES DÉDOUBLEMENTS

11 février 2010

A l’instar des enseignants du lycée Kerichen de Brest, de plus en plus de professeurs «refusent la nouvelle réforme du lycée (applicable en seconde à la rentrée 2010), élaborée dans la plus totale précipitation et dont l’objectif premier, et non avoué, est la suppression de postes. À rebours de tout projet ambitieux pour la jeunesse, cette réforme se traduit par une diminution horaire dans la plupart des disciplines, la réduction des heures de spécialité dans les séries, le renvoi au choix des établissements des dédoublements nécessaires selon leurs moyens, la mise en oeuvre d’un accompagnement dit personnalisé, véritable fourre-tout sans aucun contenu solide (…)». ( Le Télégramme 9/02/10 )

Quelques éléments de réflexion :

- Deux enseignements d’exploration d’1h30 en seconde, ce qui représente une perte considérable par rapport aux deux anciens enseignements de détermination ( dotés actuellement de 2h30 à 5h par enseignement).  On prive les élèves de leurs maîtres et de leurs cours, mais on les confie à des « coachs » qui feront du tutorat et deux heures  « d’accompagnement personnalisé » ( qui se feront « à effectif réduit », mais réduit de combien ?  ce sera selon les moyens locaux …), une activité censée résoudre miraculeusement les carences disciplinaires créées par le saupoudrage des heures de cours. Imaginez le désarroi des trois professeurs scientifiques ( Maths, Sciences Physiques et SVT ) qui devront assurer en seconde, à eux trois, un enseignement d’exploration commun d’une heure et demie par semaine : 30 minutes chacun ?

- En Physique-Chimie, en 1ère S, en supposant une conservation des heures de TP, l’horaire de cours passerait de 2h30 à 1 h, sans compensation en classe terminale. Les seuils de dédoublement ne seront plus cadrés nationalement, ce qui ne garantit plus la possibilité matérielle d’organiser des TP. C’est ahurissant pour nos futurs ingénieurs et scientifiques! Tous les dédoublements dans les différentes disciplines seront NÉGOCIÉS localement dans des conseils pédagogiques désignés par le chef d’établissement ! En série scientifique, un élève perdra 144 h de cours sur les trois ans du lycée, dont 54 h d’histoire-géographie ( matière qui disparaît en terminale S !). Les mathématiques ne font pas partie du tronc commun en 1ère, ce qui rend illusoires les passerelles entre les différentes séries prévues pour rendre possible les réorientations.

- En Lettres et Histoire, en seconde, un enseignement d’exploration « Littérature et Société » a été imaginé pour renforcer l’attractivité de la série littéraire. Mais les champs disciplinaires couverts par cet enseignement n’ont que peu de rapport avec la littérature : ethnologie, anthropologie, sciences économiques et sociales, géographie… La série littéraire elle-même affiche l’horaire hebdomadaire le plus faible des trois séries avec la suppression des mathématiques en 1ère L, sauf choix d’une option. Toujours en 1ère L, l’horaire de Français peut être partagé entre deux professeurs, puisque le Français fait partie du tronc commun avec les autres séries. En terminale L, l’enseignement de la littérature passe de 4 h par semaine à 2 h par semaine. Bonjour l’attractivité !

Le gouvernement ne doit pas prendre à la légère la révolte des enseignants de Seine-St-Denis qui a commencé à gronder ces jours-ci. Ce sont les enseignants en charge des élèves les plus défavorisés qui prennent le mieux la mesure de la régression que représente cette réforme.

Y.G.


Adair Turner, patron de la FSA qui régule l’activité financière au Royaume Uni, La Tribune, 8/2/10

9 février 2010

« Il faudrait faire la différence entre les crédits selon leur finalité. Il y a ainsi des crédits qui financent l’activité réelle, de nouveaux actifs ou des investissements, qui débouchent sur de la croissance ; le remboursement s’effectue au moyen du cash-flow créé par l’activité nouvelle. Et d’autres financent le rachat d’actifs existants – les crédits pour l’immobilier, pour les LBO ou rachats d’entreprise – avec un endettement élevé, où ce sont les plus-values qui financent le coût du crédit. Ce sont deux formes de prêts très différentes, il n’y a pas de raison de limiter les premiers, alors que les autres n’ont pas toujours d’utilité sociale, ils peuvent même être dangereux. Et lorsqu’on relève les taux d’intérêt, on pénalise indifféremment les deux, on frappe même davantage l’activité réelle, alors que l’on récompense les spéculateurs : le resserrement de la politique monétaire se traduit souvent par une montée du taux de change, qui augmente la plus-value. On n’a pas assez réfléchi à cela, notamment au Royaume-Uni, à cause de l’idéologie ambiante qui était contre une telle distinction. Nous étions aveuglés par la crainte de voir resurgir l’interventionnisme et ses travers. »

Surgi du cœur du capitalisme financier, voici un appel à la régulation qu’on aimerait voir pour le moins repris par la gauche, en arguant de l’utilité sociale du crédit plutôt que l’aléatoire « moralisation » du système…

Vous avez aimé le léger voile du NPA, vous apprécierez la laïcité contrariée des Verts et de l’UDB

9 février 2010

Le NPA présente une candidate voilée dans le Vaucluse

3 février 2010

Le Figaro de mercredi 3 février rapporte que M. Besancenot, lors d’un déplacement en Ile-de-France, où il est tête de liste, vendredi 29 février dans le cadre de la campagne, a affirmé qu’ »une femme peut être ‘féministe, laïque et voilée’. Et encore qu’une femme voilée, ‘c’est l’image de notre intégration dans les quartiers’ » (lemonde.fr du 3 février)
Pourquoi ne présentent-ils pas des bonnes sœurs tant qu’ils y sont ? Ou on voit que l’intégration du NPA dans les quartiers est plus importante pour eux que la mise à l’écart de la religion dans la conduite des affaires publiques…
Y.G.

Nos camarades de Basse-Normandie se lancent dans la bataille régionale

2 février 2010

Conférence de presse du 21/01/10
Parce que nous voulons faire vivre la transparence et mettre chacun fasse à ses responsabilités, cette conférence de presse a pour but de faire un point concernant la constitution d’une liste « En Avant Citoyens de Basse Normandie ». Sauf ultime accord au plus haut niveau, entre Martine Aubry et Jean-Pierre Chevènement, une liste de rassemblement sera constituée à l’initiative du Mouvement Républicain et Citoyen. Le Mouvement écologique MSEA s’y associera et le soutien de « République et Socialisme » est acquis. D’autres partenaires pourraient faire de même d’ici quelques jours.
Lire la suite de cette entrée »

Le PS breton refuse d’honorer aussi bien les accords nationaux passés avec les partisans de Jean-Pierre Chevènement que ceux passés avec les Radicaux de gauche

31 janvier 2010
A Paris, Martine AUBRY avait signé un accord avec Jean-Pierre Chevènement sur la participation du MRC à la construction des listes de gauche pour les élections régionales.

En Bretagne, Jean-Yves Le Drian rejette aujourd’hui nos propositions, pourtant utiles à la gauche et faciles à satisfaire : la présence sur les listes de deux candidats pour toute la Bretagne, en particulier celle du maire de Séné dans le Morbihan.

Après le Parti Radical de Gauche, le Mouvement Républicain et Citoyen est ainsi écarté. Le PS régional s’estime suffisamment fort pour aller aux élections tout seul, en jouant sur les divisions du PCF et en recrutant des personnalités d’ouverture apolitiques ou des écologistes en désaccord avec leurs organisations.

Dans la même logique de cavalier seul, il peut écarter les partenaires qui voudraient fusionner entre les deux tours, le bonus de 25% de sièges à la liste arrivée en tête permettant éventuellement au PS de continuer sans eux au 2ème tour.

Le PS a perdu le sens du débat de fond en interne et en externe : les citoyens le savent. On ne peut à la fois parler de l’unité de la gauche, la main sur le cœur, et, dans les faits, ne pas s’associer à  ses  partenaires.

Yann Guillou, délégué régional aux élections du Mouvement Républicain et Citoyen

Un coup d’œil sur le site de Paul Jorion

29 janvier 2010

Tous les vendredis , Paul Jorion  met en ligne une petite vidéo pour parler de la crise. C’est souvent très intéressant.

Y.G.

Le temps qu’il fait, le 29 janvier 2010


Publié par Paul Jorion dans Constitution pour l’économieEconomieMonde financierPolitiquesociologie, tags: 

Un projet de loi contraire aux principes républicains

20 janvier 2010

Intervention de Jean-Pierre Chevènement, Sénateur du Territoire de Belfort, Motion de renvoi en commission

(Projet de loi réforme des collectivités territoriales),

Sénat, 20 janvier 2010.


Cette réforme ne procède pas d’une pensée claire. 

Son examen vient dans un ordre inverse à celui qu’eût inspiré la logique. Il eût fallu partir du rôle des collectivités territoriales et de leurs compétences, régler ensuite leur organisation, pourvoir enfin à leurs recettes. Or, c’est le contraire qui a été fait. Le problème des recettes a été traité mais pas réglé. Nous ne connaissons pas encore les compétences dans lesquelles seront enfermés les départements et les régions. 

Lire la suite de l’intervention de JPC

Notre Identité Nationale face au Traité de Lisbonne et à l’intégration des Français originaires de l’étranger

20 janvier 2010

Le gouvernement est irresponsable en lançant un débat  sur l’identité nationale à la veille des élections régionales, croyant bien à tort pouvoir renouveler le détournement du vote FN à son profit. Dans une année qui va voir 600 000 chômeurs supplémentaires privés d’allocations, le fait de mettre en balance identité nationale et immigration est une façon de désigner des boucs-émissaires qui ne sont en rien responsables de la crise du capitalisme financier que nous subissons. La colère de notre peuple doit se diriger toute entière vers les tenants du libre-échangisme  qui démantèlent inexorablement l’industrie européenne. Il est désolant de voir Nicolas Sarkozy faire cadeau de trois milliards d’euros à Renault,  se plaindre ensuite que la Clio 4 soit fabriquée en Turquie et enfin se faire réprimander par la Commission en vertu du Traité de Lisbonne proposé par le même Nicolas Sarkozy …

Est-ce que, pour autant, nous n’avons rien à dire sur l’identité nationale ? Non, nous avons beaucoup à dire au contraire. Le concept de Nation française est le fruit d’un long héritage historique qui remonte à l’empire romain et à la lente intégration à la citoyenneté  des autres populations de l’empire. La France monarchique avait réuni oïl et oc, mais il demeurait une conception ethnique d’une noblesse qui aurait été l’héritière des envahisseurs germaniques vainqueurs des gallo-romains. L’abolition des privilèges pendant la nuit du 4 août 1789, la Fête de la Fédération, coupent toute référence à une origine ethnique qui pourrait s’opposer à l’égalité des citoyens. Le souverain est désormais le peuple tout entier. La souveraineté ne se partage pas avec les communautés, ni avec les religions. Comme le disait Philippe Séguin, quand on est souverain, on l’est complètement, on ne l’est pas à moitié. Exercer notre souveraineté nationale, c’est donner un contenu positif à l’identité nationale ! Et dans une République sociale, cette souveraineté doit aussi s’exercer sur les banques et les compagnies d’assurance !

Dans ces conditions, toute référence aux origines ethniques de tel ou tel citoyen français est profondément anti-républicaine. Le chemin qui va de l’immigration à la citoyenneté, c’est celui de l’intégration. L’immigration doit obéir à des règles claires, comme celles qu’avait établi Jean-Pierre Chevènement quand il était en charge de ce problème. Au lieu de respecter les règles avec humanisme et de sortir peu à peu ce problème complexe du débat électoral, la droite sarkozyste revient continuellement à la charge dans un sens répressif, en inventant de nouvelles lois et en appliquant une politique du chiffre qui est anti-humaniste par définition. L’ouverture totale des frontières, c’est l’abdication de notre souveraineté politique. La fermeture totale, c’est la négation du message universaliste des Lumières. Entre les deux, c’est à notre intelligence et à notre humanité qu’il faut nous fier.

Pour conclure sur ce débat impulsé par le gouvernement : il ne s’agit pas de désigner des catégories de Français ou de travailleurs immigrés à la vindicte populaire, il s’agit d’aller chercher les républicains dans toutes les couches de la société et de les mettre au service du progrès de notre  beau pays.

Y. Guillou

En post-scriptum à cet article, voici le texte de notre camarade Laurent Sire, en réaction aux propos tenus lors du débat sur l’identité nationale à Langueux le 19 janvier ( « les Français de souche victimes d’une épuration ethnique ») , publié par le journal Ouest-France :


Haïti, soyons solidaires

20 janvier 2010

Face au chaos dans lequel est plongé Haïti depuis mardi, je voudrais dire toute ma compassion et toute ma solidarité au peuple Haïtien et à tous ceux qui se trouvent sur le sol d’Haïti.


Devant ce drame, entraîné par un séisme d’une ampleur terrifiante et inégalée, j’en appelle à la solidarité et à la fraternité internationales, pour que toutes les nations se mobilisent au plus vite. Il faut venir en aide à ceux qui ont survécu, à ceux qui souffrent, il faut soigner les blessés, il faut protéger les nouveaux orphelins, endiguer les risques sanitaires, il faut sécuriser les constructions qui tiennent encore debout, malgré des soubresauts encore nombreux. 

Il n’est pas nécessaire de tomber dans le pathos, la réalité est déjà assez cruelle, mais tout le monde doit réaliser que les Haïtiens – qui connaissaient déjà des conditions de vie extrêmement difficiles – vivent aujourd’hui un vrai cauchemar. 

C’est pourquoi je vous invite, vous aussi, chers camarades, à vous renseigner sur les lieux et horaires des collectes qui sont organisées ici et là, près de chez vous, pour déposer dons, denrées non périssables, vêtements, etc. Ci-après, vous trouverez aussi des liens vers des organismes d’action humanitaire auxquels il est possible de faire des dons en ligne.

Naturellement, on ne peut qu’approuver totalement l’initiative de Madame la Ministre de l’économie visant à annuler le restant de la dette d’Haïti au club de Paris. Il faut savoir être humain. Le gouvernement pourrait d’ailleurs réfléchir aussi à réduire et annuler la dette des pays pauvres en des circonstances moins exceptionnelles… 

Voici quelques liens pour donner (non exhaustifs) : 

Secours Populaire
Fondation de France
UNICEF
Croix Rouge Française

Georges SARRE

Délocalisations souhaitées par Renault : les contribuables français apprécieront

19 janvier 2010

Communiqué de presse de Jean-Pierre Chevènement, mardi 19 janvier 2010.

Une fois de plus, la Commission européenne, gardienne du Traité de Lisbonne, condamne le gouvernement français qui souhaite empêcher Renault de délocaliser la production de sa Clio en Turquie. 

Le Président de la République, qui a déclaré « ne pas vouloir mettre tant d’argent pour soutenir nos constructeurs pour que la totalité des usines s’en aillent à l’extérieur », est lui-même rappelé à l’ordre en vertu d’un Traité dont il a été l’initiateur

Au nom d’un tel Traité chassé par la porte lors du référendum de 2005, mais revenu par la fenêtre de Lisbonne, les contribuables français en sont réduits à financer des aides accordées à des constructeurs automobiles se livrant à des délocalisations de grande envergure

Les intérêts du monde du travail, les intérêts de la France sont ainsi sacrifiés sur l’autel de l’Europe libérale. Ceux qui ont perpétré cette mauvaise action font mine de s’alarmer de ses conséquences. Ils seraient mieux inspirés de travailler sérieusement à la réorientation de cette politique absurde de la seule concurrence, qui n’est pas à la hauteur des défis de la crise mondiale.

PRIX 2009 DE LA CARPETTE ANGLAISE : Richard Descoings et Jean-Louis Borloo

19 janvier 2010

COMMUNIQUÉ DE l’ACADÉMIE DE LA CARPETTE ANGLAISE

Le 16 Décembre 2009 – L’académie de la Carpette anglaise(1) s’est réunie le 16 Décembre 2009. Le jury, présidé par Philippe de Saint Robert, était composé de représentants du monde associatif(2) et littéraire.

Au premier tour de scrutin, par huit voix contre deux, le prix de la Carpette anglaise 2009 a été décerné, à M. Richard DESCOINGS, directeur de l’Institut d’études politiques de Paris, pour imposer des enseignements uniquement en langue anglaise dans certaines filières proposées et pour correspondre en anglais avec le lycée français de Madrid. Deux voix ont été attribuées à Philippe Varin, président du directoire de Peugeot Citroën, pour promouvoir l’anglais dans le nom de produits de la marque Citroën, la documentation technique et la communication professionnelle.

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La belle leçon de nos concitoyens de Martinique et de Guyane

11 janvier 2010

Communiqué de Jean-Pierre Chevènement, lundi 11 janvier 2010.

Nos concitoyens de Guyane et de Martinique viennent de rejeter massivement le statut d’autonomie qui leur était proposé. Ils ont sans doute manifesté qu’ils comptaient plus sur la France et sur la République que sur leurs élus locaux auxquels ils veulent bien sous-traiter la gestion de leurs problèmes quotidiens mais pas les responsabilités qui sont celles de l’Etat.

Ils y aurait des leçons à tirer de ces référendums locaux, comme du référendum de juillet 2003 en Corse. C’est le contraire qui est fait par le gouvernement avec le projet de loi de réforme des collectivités territoriale. Celui-ci importe en effet en métropole la possibilité de créer des collectivités à statut particulier sur le modèle de l’Outre-mer.

Belle leçon que donnent nos concitoyens de Martinique et de Guyane aux sénateurs et aux députés avant que ne s’ouvre le débat sur la réforme des collectivités territoriales !

Chevènement : Séguin était « un républicain et un patriote »

7 janvier 2010


Dépêche AFP, 7 janvier 2010, 12h06.


Chevènement : Séguin était "un républicain et un patriote"
Jean-Pierre Chevènement, président du Mouvement républicain et citoyens (MRC), a salué en Philippe Séguin, mort jeudi, un « homme politique de grand talent », un « républicain et un patriote », tout en regrettant que « rien n’ait été possible entre les républicains des deux rives ». 

Le sénateur du territoire de Belfort, dit dans un communiqué avoir « appris avec beaucoup de peine » la mort de Philippe Séguin. « C’était un homme politique de grand talent, un orateur hors pair, un républicain et un patriote », affirme-t-il. 

Pour l’ancien ministre, également farouche partisan du non à Maastricht, Philippe Séguin « a symbolisé au moment du traité de Maastricht un projet et un destin républicains dans lequel la France aurait mieux trouvé son compte ». 

« Son mérite est d’avoir essayé. J’avais voté l’exception d’irrecevabilité qu’il avait présentée devant l’Assemblée nationale. Je regrette que rien n’ait été possible entre les républicains des deux rives », affirme-t-il. 

« Depuis son retrait de la vie politique, Philippe Séguin a manqué à la France, il lui manquera hélas toujours », conclut M. Chevènement.

Discours prononcé à l’Assemblée  par Philippe Séguin le 5 mai 1992
« On est souverain ou on ne l’est pas, on ne l’est pas à moitié ! »

Une tribune d’Anicet Le Pors à « la Terre »

6 janvier 2010


COLLECTIVITÉS :
« UNE REMISE EN CAUSE DES STRUCTURES RÉPUBLICAINES »
Conseiller d’Etat et ancien ministre communiste de la Fonction publique de 1981 à 1984, Anicet Le Pors donne à « la Terre » son point de vue sur les enjeux de la réforme des collectivités territoriales voulue par le président de la République.

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La Bretagne manque cruellement d’énergie !

31 décembre 2009

Nous avons vu pendant le coup de froid qui a précédé Noël que notre région était avec la Côte d’Azur menacée de pannes électriques. Il se trouve que le froid s’est conjugué avec des conditions de vent qui n’ont pas donné à nos nouveaux parcs éoliens l’occasion de faire ressentir leur utilité : alors que la puissance éolienne nominale installée est aujourd’hui de 430 mégawatts en Bretagne, les éoliennes ont bravement fourni 40 mégawatts ! N’insistons pas sur l’inutilité du photovoltaïque à l’heure où nous rentrons du boulot …
En l’absence de centrales nucléaires en Bretagne et si nous refusons, à bon droit, l’installation de centrales au fuel ou à gaz productrices de CO2, il ne reste qu’à interconnecter correctement la Bretagne par des lignes à très haute tension. La volonté politique existe-t-elle ? Nous le souhaitons vivement !

LEURRE IDENTITAIRE (lu dans Bastille-République-Nations)

16 décembre 2009


Par Laurent Dauré

Tribune publiée dans Bastille-République-Nations, n° 46

Le 15 décembre 2009.

Loin de répondre à un seul objectif électorat de court terme, le débat qu’a lancé le gouvernement sur l’ « identité nationale » vise à confondre cette notion, floue et ambiguë, avec le concept politique de souveraineté, au moment où cette dernière est plus menacée que jamais par le dit traité de Lisbonne. Cela s’inscrit en outre dans le contexte de la promotion idéologique du couple identité/diversité, qui tente d’occulter voire de disqualifier les luttes sociales au profit des leurres sociétaux.

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Privatisation de l’énergie, absence de régulation: le marché juteux des éoliennes

14 décembre 2009

Un excellent article sur les dérives engendrées par la rentabilité extraordinaire des éoliennes subventionnées dans le New York Times aujourd’hui

12 mai 2009 : le responsable présumé d’un système de surfacturation mis en place lors de la construction par SIIF Energie, filiale d’EDF, de fermes éoliennes dans le Cap Corse, André Allègre, a écopé de trois ans dont deux avec sursis et 100.000 euros d’amende. Près de 10% des 15,4 millions d’euros du marché des éoliennes, auraient été détournés. (AP)

Iles Canaries : après un an d’enquètes, la Guardia Civil a mis en évidence des irrégularités dans un projet de construction de fermes éoliennes à Santa Lucia Tirajana : le maire est inculpé de trafic d’influence, d’abus de bien public, détournement de terrains, corruption … A la clé, 40 millions d’euros de subventions européennes sur les 6 milliards alloués aux énergies renouvelables entre 1990 et 2013.

Aux USA comme en Europe, le schéma est le même : de petits entrepreneurs  louent pour une longue durée des terrains à des agriculteurs et demandent l’accord des autorités locales pour installer des fermes éoliennes. Puis ils vendent  leur projet de développement à des multinationales en passant par des intermédiaires : ce sont elles qui construisent effectivement les éoliennes.

Une turbine de 2 MW a un coût de construction de 2,75 millions € . Au prix du marché de l’électricité, elle rapporterait 275 000 € par an. Mais les revenus grimpent à 500000 € en tenant compte des primes d’état encourageant le développement des énergies renouvelables. Pour des financiers, la fameuse rentabilité de 15% par an est au rendez-vous. En Espagne l’an dernier, le surcoût pour le consommateur s’est élevé à 1,2 milliard d’euros.

En Galice, le responsable de l’industrie et de l’énergie est poursuivi pour trafic d’influence pour l’approbation de subventions à 7 fermes éoliennes développées par son beau-frère.

Y.G.

Réunion de la gauche bretonne à Rennes le 13 décembre, initiée par le PCF

13 décembre 2009

Le Parti Communiste a présenté son projet régional et l’a soumis à la discussion ce dimanche matin. Avaient répondu à l’invitation Bretagne Écologie, le PRG, le MRC, le PS ainsi que diverses associations et militants syndicaux. Nous remercions le PCF de son excellent accueil.

Les trois ateliers qui ont été organisés ont démontré qu’une unité des forces de gauche était possible sur la base du bilan du Conseil régional sortant, présenté sur place par Jean-Yves Le Drian, et que, d’ores et déjà, les propositions étaient nombreuses pour faire face à l’impact de la crise, malgré les menaces que fait peser la majorité de droite sur les finances des collectivités territoriales.

C’est Luc Foucault, maire de Séné, qui a présenté  avec conviction notre position en faveur de la construction d’une liste d’union de la gauche dès le premier tour ( photo ci-dessous ).

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( Voir le dossier de presse des élections régionales )

COPENHAGUE, LE SOMMET DU « CAPITALISME VERT »

10 décembre 2009

Par Aurélien Bernier, secrétaire national du Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP), auteur du livre « Le climat, otage de la finance », 2008, Mille-et-une-nuits

Cette tribune a été publiée dans le n° 188 de L’Humanité Dimanche

Le 5 décembre 2009.

Plus la conférence de Copenhague approche, plus il semble évident qu’il s’agira d’un échec. Rien d’étonnant à cela, puisque la communauté internationale s’est enfermée dès le protocole de Kyoto dans des mécanismes inefficaces et dangereux, et refuse obstinément d’en sortir. Mais certains mouvements contestataires portent également une part de responsabilité pour ne pas avoir posé les véritables termes des débats.

Depuis les années 1970, toutes les négociations internationales sur l’environnement obéissent à une loi fondamentale : aucune mesure adoptée ne doit entraver le commerce mondial et la concurrence. Pour cette raison, les objectifs de réduction des gaz à effet de serre adoptés en 1997 par les pays développés à Kyoto sont dérisoires : 5,2% d’ici fin 2012 par rapport à l’année de référence 1990. Or, pour contenir le changement climatique dans des limites supportables, il faudrait diviser par deux les rejets mondiaux avant 2050.

Rideau de fumée

L’effondrement des économies d’Europe de l’Est permettra peut-être d’atteindre l’objectif de Kyoto. Mais ce résultat est un véritable rideau de fumée. En effet, les émissions des pays riches sur la période ont progressé de 12,8%. Surtout, les émissions mondiales, pays émergents inclus, ont bondi d’au moins 25% entre 1997 et 2006. Logique, puisque les pays occidentaux sont en phase de désindustrialisation, la production étant déplacée dans les pays à bas coût de main d’œuvre et sans réglementation environnementale grâce aux politiques de libre-échange de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et de l’Union européenne.

Pour faire semblant d’agir, les États ont décidé à Kyoto de créer un marché des droits à polluer pour contrôler les gaz à effet de serre. Ils ont donc donné aux entreprises des quotas d’émission comme on donne des quotas de pêche, et ouvert une Bourse du carbone où ces quotas peuvent s’acheter et se vendre. Les acteurs de la finance se sont précipités sur ce nouveau marché porteur, et y spéculent honteusement. En quelques années, les fonds d’investissement spécialisés dans le commerce des droits à polluer se sont multipliés, les marchés à terme ont gonflé, et des produits dérivés sont apparus, reproduisant presque à l’identique le scénario qui a conduit à la crise de septembre 2008 sur le marché des « subprimes ».

Le bilan de Kyoto est déplorable

Le bilan de Kyoto a beau être déplorable, les négociations en cours s’inscrivent dans l’exacte continuité. Le marché du carbone sera conforté, puisqu’on y intègrera progressivement la gestion des forêts, l’agriculture, le transport… Il est tout simplement amené à devenir d’ici trois ou quatre ans le premier marché au monde ! Les prochains objectifs chiffrés de réduction font couler beaucoup d’encre, mais tout indique qu’ils seront bien en deçà du nécessaire. De toute façon, la contrainte juridique qui découle de ce type d’accords est inexistante puisqu’il n’est prévu aucune sanction pour les États qui ne tiendraient pas leurs engagements.

Les gouvernements continueront par contre à promouvoir le « capitalisme vert », c’est-à-dire à servir sur un plateau les profits des technologies faiblement émettrices de carbone aux grandes multinationales. Areva, Suez ou Veolia mettent la main sur les énergies renouvelables. Total ou General Electric testent l’enfouissement du dioxyde de carbone dans d’anciens puits de pétrole ou d’anciens gisements de gaz, largement soutenus par les aides publiques. Grâce à la crise environnementale, le capitalisme est en train de vivre une seconde jeunesse. Et rien de tel que l’argument du climat pour faire tout accepter au public, sans le moindre débat de fond.

Ambigüités des mouvements écologistes et altermondialistes

Malheureusement, les mouvements écologistes et altermondialistes iront à Copenhague avec des mots d’ordre vagues. Ils réclameront des engagements de réduction des gaz à effet de serre élevés et des transferts de fonds vers les pays pauvres pour l’adaptation aux modifications du climat. De bonnes intentions, mais qui oublient l’enjeu majeur : celui du libre-échange et de son corollaire, le productivisme. Que personne ne fasse le lien entre les négociations de l’OMC, qui étendent la mondialisation néolibérale, et celles sur le climat, qui préservent les acquis du libre-échange, est tout à fait regrettable.

Pourtant, dix ans après le contre-sommet altermondialiste de Seattle, l’occasion est belle de dépasser le procès de la mondialisation pour énoncer des revendications concrètes et radicales. D’une part, il faut absolument fermer la Bourse du carbone, qui nous prépare le prochain krach financier et privatise de façon scandaleuse les ressources naturelles. D’autre part, il faut réguler le commerce international en créant des normes, des interdictions, des taxes aux frontières basées sur des critères sociaux et environnementaux. Enfin, pour ne pas pénaliser les populations des pays à bas coût de main d’œuvre, cette régulation doit s’accompagner de mesures exemplaires de solidarité internationale : annulation de la dette, reconnaissance et remboursement de la dette écologique par les pays du Nord, création d’un statut de réfugié climatique.

Voilà le premier pas à faire pour casser le chantage aux délocalisations pratiqué par les grandes firmes, amorcer une relocalisation et une mutation écologique de l’économie et, au final, imposer une sérieuse redistribution des richesses. Bien-sûr, l’OMC et l’Union européenne condamneront ces initiatives. Il faudra donc passer outre.

Rencontre entre le MRC et le PRG

10 décembre 2009

Le Mouvement Républicain et Citoyen et le Parti Radical de Gauche se sont rencontrés le 8 décembre 2009 au siège du Parti Radical de Gauche.
Les deux délégations étaient conduites par Jean-Michel Baylet et Jean-Pierre Chevènement. Les deux partis ont publié le communiqué suivant :

« Nos deux partis ont affirmé leur identité ancrée dans les valeurs communes de citoyenneté et de laïcité et sur une démarche républicaine partagée, fondée sur la recherche de l’intérêt général.
C’est cette approche politique commune qu’ils entendent poursuivre ensemble comme la meilleure réponse à la crise actuelle.
Ils ont engagé l’un et l’autre des conversations avec le Parti Socialiste en vue des élections régionales.
Ils entendent faire respecter leur personnalité en vue d’un accord national PS-PRG-MRC.
Ils situent cette échéance régionale dans la perspective d’une reconstruction de la gauche en 2012 autour d’une identité républicaine refondée. »

Maintien d’un enseignement obligatoire d’histoire-géo en Terminale S ! ( travailler moins pour apprendre plus ? )

6 décembre 2009

Les propositions pour renforcer le caractère scientifique de la filière S se sont transformées en un démantèlement aux objectifs purement financiers. Pour supprimer des postes, tous les moyens sont bons.

Nous relayons donc la pétition pour le maintien d’un enseignement obligatoire d’histoire-géographie en Terminale S lancée par l’APHG

Union dès le premier tour pour maintenir la Région à gauche

5 décembre 2009

Communiqué du MRC – Bretagne ( 5 décembre 2009 )

Dans la lignée de son Congrès de juin 2008 et de l’accord PS-MRC du 4 novembre 2009, le Mouvement républicain et citoyen (MRC) propose à ses partenaires de la gauche en Bretagne une alliance forte et significative dès le premier tour des élections régionales de 2010.

Comme pour les municipales, le MRC est partisan de listes de large rassemblement  de la gauche, pour défendre et promouvoir les intérêts populaires et le progrès social, particulièrement mis à mal par l’Etat-UMP et les contraintes de Bruxelles.

Le MRC estime que les forces progressistes devraient facilement parvenir à un accord programmatique, sur la base du bilan de la gestion régionale qui n’est pas contesté.

Dans ce but, le MRC formule des pistes à débattre pour faire face aux nouveaux défis, dans le cadre des compétences du Conseil régional. En effet, le mandat du prochain Conseil régional s’effectuera dans un climat de crise économique profonde et durable qui conduira notamment à une baisse significative des revenus des salariés, des classes moyennes et des ressources des collectivités territoriales.

- le développement et la réorientation de notre tissu productif pour qu’il soit à même d’affronter le défi énergétique et de préserver nos ressources : ainsi, toute la chaîne agro-alimentaire ( productions végétales, animales et pêche ) doit être soutenue, avec des incitations plus fortes à une meilleure prise en compte de l’environnement, notamment pour protéger l’eau ; notre potentiel industriel, fragilisé par le capital financier, a besoin d’outils de financement public permettant de stimuler aussi le développement de la recherche et des services.

- la formation professionnelle et la sécurisation des parcours : la Région doit être créatrice d’initiatives pour faciliter le contact entre les entreprises et les demandeurs d’emploi, s’investir dans la gestion sociale des restructurations qui seraient nécessaires et poursuivre son engagement original en faveur des métiers de proximité dans le secteur sanitaire et social.

- l’aménagement du territoire en développant des zones d’activité interconnectées grâce au développement des moyens de transport collectifs et des outils de communication.

Au-delà d’une gestion républicaine des Régions, le MRC considère que le maintien à gauche des Régions constitue un point d’appui pour dissuader le pouvoir de mettre en place des projets anti-sociaux et s’opposer aux remises en cause de la décentralisation par N. Sarkozy. La suppression de la taxe professionnelle, sans réflexion préalable sur un impôt local articulé avec la réalité économique du territoire, risque de casser l’élan de plusieurs décennies de décentralisation réussie.

Comme le soulignait Jean-Pierre Chevènement au Sénat, le 19 novembre : « Que de réalisations ! Le patrimoine de nos lycées, de nos collèges, les transports régionaux, le visage de nos villes et de nos villages, l’accueil faite à la petite enfance à travers crèches, haltes-garderies, maternelles, la conciliation améliorée du travail des femmes et de leur épanouissement personnel, bref notre haut taux de natalité, est-ce cela que vous voulez casser ? ”

Afin d’éviter qu’une dispersion de la gauche n’entraîne la perte de Régions qui contribuerait à la victoire de N. Sarkozy en 2012, le MRC appelle à un large rassemblement des forces de gauche dès le premier tour.

( Ce communiqué résume les orientations que nous avons adoptées dans notre ébauche de projet régional )

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